Prise de vue
Le contre-jour
J’ai très souvent entendu dire qu’il fallait toujours prendre une photo avec le soleil dans le dos. Ceci afin d’éviter le contre-jour. Ce n’est pas forcément un bon conseil. En effet, une photo avec le soleil dans le dos va donner des ombres très marquées, presque noires (ou bien les partie éclairés seront presque blanches). Et dans le cas d’un portrait, votre sujet risque de plisser les yeux.
Le but de cet article est de vous réconcilier avec le contre-jour, en vous expliquant les différentes manières d’en profiter.
Le contre-jour permet une lumière douce
En effet, un sujet pris en contre jour ne va plus être éclairé directement par le soleil, mais par la réflexion de celui-ci sur l’environnement. Cela donnera une lumière douce sur votre sujet, sans contrastes excessifs. Idéal pour du portrait.
Bien sur, il faut faire correctement sa mesure de lumière, et mode spot par exemple, sur le visage du sujet. C’est aussi une bonne technique pour les photos de groupe.
Les silhouettes, c’est chouette !
Le contre jour permet de faire des silhouettes, et ça fait toujours son petit effet. La technique est un peu plus complexe: il faut faire la mesure de lumière sur la source de lumière, et la mise au point sur le sujet. Il y a normalement une fonction pour bloquer l’exposition sur la plupart des appareils, référez vous à votre manuel.
Contre-jour au flash
Pour obtenir une bonne exposition sur le fond et sur le sujet, tout en évitant les ombres disgracieuses sur le visage de votre sujet, flashez !
Faites la mesure d’exposition sur la source de lumière, la mise au point sur le sujet, et le flash en TTL devrait suffire ! L’effet est vraiment chouette, et pas bien compliqué.
N’ayez donc plus peur du contre jour ! Au contraire, apprenez à l’apprivoiser, et profitez de ses possibilités !
Le filé photo: une bonne technique pour la photo de sport
Il n’est pas rare de voir, pour des photos de sports, un effet de filé, rendant le fond de l’image flou par bougé, permettant ainsi de bien isoler le sujet tout en donnant du dynamisme à l’image.
Cette technique n’est pas très compliquée à mettre en œuvre, en particulier en extérieur, si la lumière est suffisante.
La première étape consiste à se mettre en priorité vitesse (le S sur la molette de sélection de mode), afin de pouvoir régler la vitesse manuellement, tout en laissant l’appareil choisir l’ouverture adéquate.
Choisissez une vitesse au 1/80s ou 1/40s pour des sports mécaniques, plus lent pour des sports “à pied” (1/20 ou 1/15s par exemple). Il vous faudra une ouverture relativement petite (F/11 au moins), donc, en fonction de la lumière disponible, augmentez votre sensibilité ISO afin de parvenir à ces valeurs.
Passez en mise au point manuelle. En effet, le temps que votre autofocus fasse sa mise au point, le sujet aura déjà bougé, et vous perdrez du temps au déclenchement. Faites votre mise au point sur le sol, avant le passage du sujet, là où il va passer. La petite ouverture permettra de compenser l’approximation de mise au point par la grande profondeur de champ.
Il ne vous reste plus qu’à attendre le passage de votre sujet, en le suivant dans votre viseur. Dès qu’il arrive au point où vous désirez le prendre, vous déclenchez tout en continuant bien à le suivre dans votre viseur.
Et voilà, vous savez maintenant comment faire des photos dignes des plus grands photographes sportifs !
Lumière et portrait
La lumière est un élément déterminant en photographie, en particulier pour la photo de portrait. C’est elle qui fera qu’une photo est bonne, vivante, ou au contraire terne et sans vie. Après avoir traité précédemment des aspects techniques du portrait, concentrons nous sur la lumière.
Les yeux sont le reflet de l’âme
Et ce n’est pas une façon de parler. Ce sont les yeux qui, avant tout, vont donner vie à un portrait. La première chose est donc d’avoir les yeux dans la lumière. Ou même un seul, ça suffit.
Bien entendu, la mise au point se fera systématiquement sur les yeux (surtout si l’on travaille à grande ouverture).
Les yeux dans l’ombre rendent le sujet terne, sans vie.
Une lumière douce et un regard illuminé donnent de meilleurs résultats
Une lumière douce ou contrastée ?
D’une manière générale, une lumière douce (c’est à dire sans ombre marquées) sera plus propice à la réussite de vos portraits. Une couverture nuageuse à l’extérieur, un coup de flash pour déboucher les ombres ou un éclairage indirect pourront vous y aider.
Attention, en plein soleil ou avec un fort éclairage direct, une des premières parties du visage à se retrouver dans l’ombre sont les yeux.
Un éclairage plus contrasté peut cependant être propice en fonction de l’ambiance que nous voulons retranscrire. Un regard dur, mélancolique ou douloureux pourra fort bien s’y prêter.
La pose longue et le mouvement
Qui a dit que la pose longue était uniquement réservée aux possesseurs de trépieds et aux sujets immobiles? La pose longue peut donner des résultats vraiment sympathiques si elle est couplée avec un mouvement, du sujet ou de l’appareil. La première fois que l’on tente une pose longue en bougeant l’apparreil, cela peut ressembler à un entremelement de trainées lumineuses qui vont paraitres assez peu intérressantes.
Cependant, essayez de mettre un coup de flash pour figer votre sujet, puis de bouger un peu l’appareil. Ou bien de prendre en photo des voitures qui roulent les phares allumés. La pose longue vous permet toutes sortes d’excentricités, avec parfois des résultats inattendus. Il y en a même qui s’amusent à jeter leur boitier en l’air histoire d’obtenir des courbes bien lisses. Allez faire un tour sur Flickr pour voir ce que cela peut donner !
N’hésitez pas à expérimenter, aujourd’hui, avec le numérique, la photo ne coute plus rien. En revanche, je ne suis pas responsable des dommages causés par le jet d’appareils photos !
L’hyperfocale
Définition
L’hyperfocale est la distance la plus courte à laquelle un sujet sera net lorsque la mise au point est faite sur l’infini.
Bon, OK, et alors… ?
Dit comme cela, hyperfocale est un terme peut engageant, et lorsqu’on regarde sa définition, on se demande bien à quoi cela peut servir. Pourtant, utiliser l’hyperfocale peut vous permettre deux petites choses intéressantes ; une profondeur de champ maximum (très utile pour de la photo de paysage avec plusieurs plans) et la possibilité de vous passer de mise au point (autofocus ou manuelle). Le fait de pouvoir se passer de mise au point est extrêmement intéressant dans les cas où l’on doit déclencher vite, en situation de reportage ou pour de la photo sportive par exemple. En effet, le temps de tourner la bague de MaP, ou alors que l’autofocus se cale sur le sujet, ce dernier peut très ne plus être dans le viseur.
Comment ça marche ?
L’hyperfocale est dépendante de la focale utilisée (F), de l’ouverture du diaphragme (D) et de la taille de votre capteur ou négatif (plus précisément du cercle de confusion – C).
Soit pour exprimer en mètres l’hyperfocale (formule trouvée sur wikipédia) :
![]()
Bon maintenant que je vous ai bien fait peur avec tous ces calculs, voici un petit outil pour la calculer automatiquement :
Online depth of field calculator
Vous choisissez votre boitier numérique ou votre type de film, la focale (attention il faut utiliser la focale réelle de l’objectif, pas la focale équivalente 24×36 – voyez ici pour un tableau de conversion), l’ouverture, vous remplacez inches par meters, vous appuyez sur calculate, et à droite, vous avez pas mal de données, dont « hyperfocal distance ».
Par exemple, prenons le Sony DSC-R1, à une focale de 14.3mm (équivalent à 24mm), et à une ouverture de f/11. Mon hyperfocale est de 1.02m, ce qui signifie que si je fais la mise au point sur l’infini, tout sujet situé à plus de 1.02m de mon appareil sera net (hors flou de bougé bien sur).
Encore mieux !
Que se passe-t-il si plutôt que de faire la mise au point sur l’infini, je fais ma mise au point sur l’hyperfocale (1.02m dans l’exemple précédent) ?
Et bien la zone de netteté s’étendra de la moitié de l’hyperfocale (0.51m) à l’infini ! Donc tout sujet qui, dans notre exemple, sera éloigné de plus de 51cm sera net. Voilà comment on peut s’affranchir du temps de mise au point.
Bien entendu, votre distance d’hyperfocale augmente lorsque vous zoomez, ou bien lorsque vous ouvrez un peu plus le diaphragme. A vous de trouver le meilleur compromis entre focale, ouverture et distance d’hyperfocale souhaitée, tout en tenant compte de la lumière et du sujet que vous allez photographier.
La grille à droite de la photo au premier plan comme le fond sont nets. C’est la magie de l’hyperfocale !


