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La vidéo sur les réflex: gadget ou révolution ?
J’ai eu la chance d’assister, il y a quelques jours, à une formation organisée par Canon sur la vidéo avec des réflex numériques. Cette formation était dispensée par le réalisateur Sébastien Devaud (Akwaba Prod), ambassadeur Canon pour la vidéo, dans les locaux Parisiens d’Artfx. C’est suite à cette session extrêmement dense et qualitative que j’ai décidé d’écrire ce billet sur cette nouvelle fonctionnalité de nos boitiers. En effet, sous des dehors d’option, un peu comme le mode vidéo des compacts, il s’avère que la vidéo sur les réflex risque bien de chambouler une partie du monde audiovisuel.
A qui s’adressent les réflex vidéos ?
En fait, tout dépend de l’usage que l’on veut en faire. Il me semble difficile de conseiller un réflex vidéo pour remplacer un caméscope, de part son encombrement, son prix, ses contraintes. C’est d’ailleurs un petit peu le paradoxe: la vidéo sert d’argument marketing pour vendre des réflex au grand public, alors même qu’elle s’adresse (comme le mode photo des réflex d’ailleurs) à un public plus averti d’amateurs, d’experts, et même de professionnels.
En fait, pour Sébastien Devaud, le réflex vidéo viendrait plutôt concurrencer les caméras que les caméscopes. Ils s’adresseraient plutôt à un public d’experts et de professionnels, qui y trouveraient un remplaçant pour de couteuses caméras professionnelles ou semi-professionnelles, avec tout un tas d’avantages à la clé, dont le moindre serait celui… de faire des photos !
Remplacer une caméra par un appareil photo ?
Effectivement, cela peut paraitre bizarre. Mais un réflex possède tout un tas d’avantages qui ont de quoi séduire les professionnels. Cependant ce genre d’appareil possède aussi ses limites, qu’il ne faut pas perdre de vue.
Enregistrement Full-HD
Ce n’est pas vraiment un avantage, plutôt un minimum syndical si vous voulez séduire les pros de l’audiovisuel. La norme est bien entendu du 1080p.
Cependant, le format est limité à du H264 (sur les Canon) en 8 bit/couche (24 bits/pixel). Notre réalisateur rêve d’un mode vidéo “RAW”: non compressé, avec une dynamique de 14 ou 16 bits/couche. Mais un tel format est inimaginable pour le moment, du fait de la limitation de vitesse des cartes mémoires.

Un grand capteur
Un capteur APS-C ou Full Frame va avoir les mêmes avantages en vidéo qu’en photo. Il va permettre une meilleure gestion du bruit, permettant de filmer dans des sensibilités élevées. La gestion de la dynamique va aussi permettre de récupérer bien plus facilement des détails dans les hautes ou les basses lumières. Un grand capteur permet aussi d’obtenir des profondeurs de champ réduites, et, couplé à une optique à grande ouverture, d’obtenir des effets impensables avant sans une caméra de plusieurs centaines de milliers d’euros.
Le grand choix d’optiques
Là, on a commencé à sentir qu’on touchait une corde sensible: le nombre d’optiques présent dans la gamme semblait réellement un argument de poids pour notre réalisateur/formateur. Choix de focales, grandes ouvertures, optiques à décentrement, macro, stabilisation optique…

L’ergonomie
Le petit format d’un réflex, même couplé avec une grosse optique, est largement plus facile à manipuler qu’une caméra, et passe dans des endroits inespérés. Mais c’est aussi son plus grand point faible: un réflex n’est pas pensé pour le film. Il est très compliqué d’avoir une image stable en mouvement, car l’appareil est trop léger. C’est pourquoi une pléthore d’accessoires commence à voir le jour histoire de retrouver des mouvements de caméra fluides, améliorer la visée, utiliser des moniteurs de contrôle, etc…

Le micro intégré
Il est clair que dans le cadre d’un film, les caméras prennent l’image, et il y a des équipements dédiés à la prise de son. Bien entendu le micro mono intégré à l’appareil ne fait pas le poids. Cependant, le fait de posséder une piste son sur le film permet de synchroniser extrêmement simplement et rapidement l’image avec la bande son.
Le rapport qualité-prix
Alors là c’est le must. Au vu des prix des caméras à objectifs interchangeables, le réflex est résolument compétitif. Pour exemple, l’achat d’un Canon 5D mark II coute autant qu’une journée de location pour une caméra pro à optiques interchangeables. Cela permet d’utiliser les réflex dans des situations à risque sans états d’âme (par exemple par terre le long d’une piste de course).
Et pour le grand public ?
Que ce soit pour la photo ou la vidéo, le réflex s’adresse à un public particulier. Il s’agit de matériel fait pour un public connaisseur, ou alors désirant apprendre. Il vaut mieux acheter un bon bridge haut de gamme (comme le FZ-100 de chez Panasonic) qui aura de bons automatismes et un plus grand potentiel qu’un réflex entrée de gamme en kit avec son 18-55.
Une des grosses contraintes de la vidéo sur réflex est l’autofocus, souvent lent ou inexistant pendant que ça filme. Même si les Sony Alpha 33 et Alpha 55 améliorent beaucoup les choses avec leur miroir semi-transparent, l’autofocus reste bruyant. C’est un sacré handicap pour le grand public. Par contre, tout cinéaste amateur trouvera là l’appareil photo/vidéo idéal, d’une grande qualité et avec un potentiel énorme (notamment en terme de gamme d’optiques), pour une somme modique.
Nouveau reflex Canon – EOS 550D
Il semblerait que Canon veuille offrir au grand public un petit goût de sa gamme expert. En effet, son nouveau boitier, annoncé pour le mois de Mars à moins de 800€, possède bien des points communs avec son grand frère, le 7D.
On y trouve un capteur APS-C de 18,7 megapixels, une sensibilité poussant jusqu’à 12 800 iso, fort bien gérée par le processeur DIGIC4, une mode vidéo 1080p à 30 i/s, une mesure multizone 63 zones, une mode rafale à 3,7 i/s et un écran de 7,7cm.
L’ergonomie a elle aussi été revue, avec l’ajout de nombreuses touches permettant l’accès direct à certaines fonctions.

Premier test du Sony Alpha 700
Nous avons passé 24h en Italie, du coté du lac Majeur , invités par Sony à découvrir l’Alpha 700. Nous en avons bien sur profité pour aller nous promener sur le lac et découvrir les îles Borromées, équipés du nouveau boîtier fourni gracieusement par Sony pour toute la durée du séjour. Voici un petit aperçu de la bête ainsi que les premières photos prises avec ce fameux alpha 700…
L’aspect
Un peu plus lourd que son petit frère (690g contre 545g pour l’Alpha 100), la finition de l’A700 rassure. Loin de l’aspect cheap de l’A100, le mélange d’aluminium et de magnésium (pour le capot supérieur et la façade), les joints de silicone sur les boutons de commande et les logements cartes mémoires, ainsi que la possibilité de rajouter une poignée (VG-C70AM) montrent bien le souci qu’à eu Sony de produire un appareil fiable et adapté à la réalité du terrain.
La prise en main est bonne, l’accès aux différentes fonctions se fait bien, même si l’on note la disparition de la deuxième molette de l’A100, revenant ainsi à un système de menu pour les principaux réglages.
L’écran est très grand (3" – 921 000 Pixels) et très lisible, même en plein soleil. Son excellente qualité est un vrai plus pour juger de la réussite d’une photo juste après le déclenchement. Le viseur optique est aussi très agréable, très lumineux, et fourni un indéniable confort pour la composition des photos.
La technique
Équipé du nouveau capteur CMOS de chez Sony, le EXMOR, l’A700 promet beaucoup: 12.2 megapixels, technologie de réduction de bruit directement sur le capteur, avant et après la conversion analogique-numérique, filtre passe-bas 3 couches supprimant les aberrations chromatiques et les effets de moiré. Le processeur dernier cri Bionz est censé vous donner le meilleur de vos images en transformant le fichier brut (RAW) en une image aux superbes couleurs, "ainsi qu’elles sont perçues par l’oeil humain" (dixit la brochure de présentation).
Il intègre bien entendu le système de stabilisation Super SteadyShot, directement sur le boîtier (stabilisation du capteur), ce qui permet d’en profiter quelque soit l’optique utilisée. Couplé à la possibilité de monter en 6400 ISO, cela permet de réaliser des clichés dans des conditions de lumière extrêmement difficiles.
Le nouveau système d’autofocus 11 points, en plus d’être rapide et précis, intègre un système AF dédié aux grandes ouvertures (2.8 et plus grandes) qui permet une mise au point au centre encore plus précise, histoire de toujours réussir ses portraits.
Pour les photographes sportifs, le mode rafale vous permet de prendre 5 images par secondes, avec une limite de 18 images en RAW, 16 images en JPEG extra fin et sans limites en JPEG fin ou normal.
Le système D-Range Optimizer permet d’obtenir une exposition optimale dans des conditions difficiles. Jouant sur la luminosité, le contraste (et sûrement sur les 12 bits du fichier brut – voir article sur le format RAW), il va vous donner un sujet bien exposé, même contre-jour. Un astucieux mode bracketing est couplé à cette fonction afin de pouvoir choisir l’exposition qui convient le mieux.
Bien sur il intègre, en plus des traditionnels modes PASM, un certains nombres de pré-réglages en fonction des situations (portrait, paysage, noir et blanc, nuit, etc..), histoire de ne pas perdre de temps à chercher le bon réglage pour une situation donnée.
Le système Photo TV HD
Je ne peux pas faire l’impasse sur ce système. L’alpha 700 est équipé d’une sortie HDMI et d’une télécommande. Branché sur un écran Full HD, c’est déjà très bon, et cela nous change de la qualité obtenue avec les connectiques composites habituelles. Cependant, branché sur un écran "Photo TVHD" (les nouveaux écrans SONY Bravia), c’est vraiment à couper le souffle: le rendu des couleurs, la finesse des détails est tout simplement ce qu’il se fait de mieux en matière de visualisation de photos.
Et en pratique, ça donne quoi ?
Après quelques heures d’utilisation, voici ce qu’il faut retenir. Tout d’abord, l’A700 est vraiment bon. Couplé à des optiques Sony ou Carl Zeiss ( le 16-80mm chez Zeiss est vraiment exceptionnel), le résultat est vraiment étonnant. La mise au point est très rapide et ultra-précise, et le système de MAP à l’oeil est un plus vraiment pratique. De plus, le D-Range optimizer fait vraiment bien son boulot, nous avons obtenu un portrait en contre jour sans flash parfaitement exposée (nous ne pouvons malheureusement pas mettre cette photo, n’ayant pas l’accord de cette personne). Le niveau de bruit est vraiment faible en ISO 800, et le stabilisateur fait vraiment bien son office.
Cependant, à la longue, la prise en main fatigue; il est clair que l’ajout du grip batterie devrait résoudre ce problème. En fait, le seul vrai regret que nous ayons eu à propos de ce boitier, c’est d’avoir du le rendre à la fin de la présentation !
L’alpha 700 est disponible sur notre boutique priceminister. Vous y trouverez les différents kits disponibles pour ce superbe boitier.
